La transition énergétique : levier vers un nouveau modèle de développement

Non au gaz de schisteL’atelier organisé par ATTAC France, CRID-RITIMO et les Jeunes écologistes a fait salle comble. Les nombreuses interventions liminaires ont néanmoins permis aux participant-e-s de s’exprimer et de dégager des propositions pour l’assemblée de convergence de l’espace climat.

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Appropriation sociale et autogestion

A l’initiative de Rouge & Vert (Les Alternatifs), de l’Association pour l’Autogestion (ApA) et de Transform, des ateliers autogérés sur l’autogestion avaient été proposés dès le mois de novembre 2012 en vue de la programmation des activités du FSM de Tunis. Au cours du processus d’agglutination, les trois organisations se sont accordées pour regrouper leur proposition et co-animer ensemble un atelier. La précédente activité sur l’autogestion impulsée notamment par les Alternatifs dans le cadre d’un forum social remontait à 2005 lors du forum social méditerranéen à Barcelone. D’une manière générale, hormis quelques ateliers à Porto Alegre animés par les argentins et les brésiliens en 2003, 2005 et 2006, la question de l’appropriation sociale a été peu présente dans le cadre des forums sociaux mondiaux depuis leur origine. En Europe, l’ampleur de la crise, les politiques d’austérité et les suppressions massives d’emplois dans l’Etat espagnol, en France, en Grèce et au Portugal reposent avec acuité la question de l’appropriation sociale et la récupération par les travailleurs et travailleuses des entreprises qui ferment et plus largement celles de nouvelles pratiques autogestionnaires.

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Un forum dynamique en solidarité avec le processus révolutionnaire tunisien

logo du FSM2013 à TunisLe FSM qui s’est tenu à Tunis du 26 au 30 mars 2013 a été incontestablement un succès, malgré le défi que cela représentait dans le contexte politique actuel deux ans après la révolution du 14 janvier 2011 et la continuation du processus révolutionnaire. La réussite de ce FSM tient autant à l’organisation, qu’à la participation, qu’aux contenus et aux enjeux pour les mouvements sociaux, la population tunisienne et plus largement le monde arabe.

Après les difficultés rencontrées au FSM de Dakar, Tunis est une très bonne édition. Il faut saluer le travail de préparation du comité international et tout particulièrement du comité tunisien qui a permis lors de rencontres régulières (Monastir et Hammamet) de planifier correctement les enregistrements des organisations, des participant-e-s, des ateliers et de leur agrégation. Au total, ce sont 962 ateliers, après agrégations, qui ont été proposés sur tout le campus de l’université El Manar, université symbolique des mouvements étudiants en Tunisie. Les débats se tenaient sur 6 grandes zones réparties par grandes thématiques. Il convient de souligner la publication du programme définitif deux semaines avant le début du forum, programme que l’on pouvait retirer avec les accréditations quatre jours avant le début. De nombreuses banderoles souhaitant la bienvenue aux participant-e-s du FSM ornaient les principales avenues. Dans la ville, l’accueil de la population tunisienne a été très chaleureux et beaucoup exprimaient leur agréable surprise de voir autant de militant-e-s altermondialistes en les interpellant facilement avec un réel désir d’échanges, ce qui n’aurait pas été envisageable sous Ben Ali. Indéniablement, la « révolution de la dignité » aura permis de libérer la parole et de poser avec acuité la question des droits démocratiques. Il convient de souligner une couverture médiatique correcte dans la presse et les télévisions tunisiennes.

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Palestine, Constructions à gauche, Education et grands projets inutiles et imposés

Marche de solidarité avec le peuple palestinien

P1040698Le 30 mars, dernier jour du Forum, a été organisé, dans le cadre de la journée de la Terre, une manifestation de soutien et de solidarité avec la Palestine regroupant une dizaine de milliers de manifestant-e-s, chiffre important selon la presse locale. Les tunisien-ne-s comme l’ensemble des peuples arabes sont particulièrement sensibles à la cause palestinienne et solidaires de son combat. Pas seulement en paroles mais en actes, Tunis ayant été le refuge de Yasser Arafat et de la direction de l’OLP pendant plusieurs années. Ceci s’est manifesté par le nombre important de réunions et de manifestations organisées sur ce sujet pendant toute la durée du Forum.

Le parcours de cette manifestation reliant la place du 14 janvier, date de la chute de Ben Ali, à l’ambassade de Palestine était un symbole de la solidarité qui doit se manifester entre la révolution tunisienne et la cause palestinienne. Étaient présent-e-s à cette manifestation des participant-e-s au Forum venant tant de Tunisie que du monde entier mais aussi des nombreux tunisien-ne-s ne travaillant pas ce jour de congé. On pouvait compter des délégations étrangères plus ou moins nombreuses et bariolées, de multiples drapeaux palestiniens mais aussi deux ou trois drapeaux rouges avec la faucille et le marteau. Et même un drapeau du Québec et une banderole d’une association haïtienne.

Bien sur étaient présents de nombreux cortèges d’organisation tunisienne dont celui du Front Populaire et d’autres pays arabes : Maroc, Syrie, Algérie, Libye. Pour l’Europe, un fort cortège italien avec des banderoles et drapeaux des COBAS, ARCI et Ya Basta ! Les organisations françaises constituaient sans doute le contingent le plus important et les drapeaux des Alternatifs étaient comme lors de la manifestation d’ouverture bien présents. Participaient en nombre des manifestant-e-s d’ATTAC, de la Marche Mondiale des Femmes, de Solidaires et aussi du Mouvement de la Paix.

Henri Mermé

Nouvelles constructions à gauche

« Les nouvelles constructions à gauche pour dépasser le fractionnement » : l’atelier proposé par Transform ! et Espace Marx a tenu ses promesses malgré l’absence dommageable de dernières minutes du Front Populaire de Tunisie pourtant annoncé.

Cet atelier a d’abord été l’occasion pour Theano Fotiou, députée de Syriza, d’évoquer la situation dramatique de la Grèce, les récentes grèves dans ce pays dont la Troïka a programmé la destruction, mise en œuvre par la politique d’hyper-austérité de la coalition de la Nouvelle Droite, du PASOK et de DIMAR (Gauche Démocrate). Les propositions alternatives de Syriza, notamment sur sa conception du traitement de la dette et son rôle d’opposition au parlement et au mémorandum, ont été mentionnées. En tant qu’alliance de la gauche radicale dont le KKE (PC orthodoxe) et l’essentiel de l’extrême gauche trotskiste restent à l’écart, Syriza incarne à l’échelle de masse les résistances et l’alternative, défend et favorise les pratiques alternatives de celles et de ceux qui, dans les décombres, reconstituent les circuits d’échanges et de solidarité et tentent d’inventer les réponses pratiques de résistances à l’hyper-austérité.

Babacar Diop, membre du Forum social africain, a évoqué la situation au Sénégal en insistant sur la dynamique d’une coalition rassemblant toute la palette des forces de gauche de son pays.

Ce fut au tour de Pierre Laurent, en tant que président du Parti de la gauche européenne (PGE – rassemble une partie des forces de gauche des différents pays d’Europe et plusieurs composantes du Front de Gauche en France) de prendre la parole. Il a d’abord rappelé l’ampleur des mutations à l’échelle planétaire des trente dernières années et signalé l’importance nouvelle de l’écologie dans les défis du XXIème siècle, avant d’insister sur la nécessité de repérer les nouveaux problèmes, de réfléchir à de nouvelles réponses et d’élargir les alliances susceptibles de proposer ces nouvelles réponses, au-delà des seules forces du PGE. Celui qui est aussi le secrétaire du PCF a saisi l’occasion de rappeler la brève histoire du Front de Gauche : celui est présenté comme la réponse unitaire à la nécessité de donner un prolongement politique à la victoire du Front de Gauche contre le projet de TCE en 2005. Pierre Laurent a insisté sur le fait que la dynamique du Front de Gauche implique à la fois pluralisme et ouverture de sa part, rappelant que ce dernier n’est pas un parti et précisant le passage de trois composantes originelles à neuf aujourd’hui. Enfin, Pierre Laurent a annoncé le projet du PGE de mettre sur pied un forum des alternatives à l’échelle européenne et de renforcer sa coopération avec le Forum de Sao Paulo (organe de liaison des différentes composantes de la gauche Indo-Afro-Latino-Américaine).

Ensuite ce fut Obey Ament (Espace Marx Amérique Latine) qui évoqua les liens existants entre les différentes forces politiques de la gauche latino-américaine raccordés au contexte politique globale de cette région du monde marquée par de profonds changements depuis près de deux décennies.

Enfin, pour le rendez-vous d’Athènes les 7 et 8 juin, Walter Baier (Transform!) a rappelé la démarche et l’objectif de l’Alter Summit. Ce processus est conduit par les mouvements sociaux et les forces syndicales avec le soutien des forces politiques dont le PGE.

Un rendez-vous qui a donné l’occasion d’un débat avec la salle, avec des questions portant notamment sur l’Alter Summit, les projets annoncés par Pierre Laurent et le devenir en question du Forum Social Européen.

Bruno Della Sudda

École et émancipation : enjeux et perspectives

Les Alternatifs organisaient vendredi 29 mars un atelier intitulé « école et émancipation » avec pour objectif de réfléchir collectivement à la problématique suivante : quelle éducation et quel système éducatif pour quelle émancipation ?

Dans son introduction, Bruno Della Sudda, qui intervenait au nom de la commission éducation, a immédiatement précisé qu’il y a pour les Alternatifs un lien entre la conception de la transformation de l’école et leur projet d’émancipation et de société basé sur les solidarités, l’écologie, le féminisme et l’autogestion ainsi que sur une démarche altermondialiste. Il a ensuite replacé le débat dans le contexte des défis fondamentaux auxquels la jeunesse d’aujourd’hui sera confrontée tout au long du XXIème siècle : défis écologique, énergétique, alimentaire, économique et démocratique. Face à cela il est nécessaire de défendre le service public d’éducation contre les attaques du capitalisme qui cherche à l’affaiblir et à y faire rentrer la logique de la concurrence et du marché mais il faut aussi être force de proposition pour transformer l’école dans une perspective émancipatrice et autogestionnaire.

Cela nécessite une refonte complète du système éducatif qui articule plusieurs dimensions : changement radical des contenus dans un objectif de polyvalence maximale et de refus de la spécialisation et de l’orientation précoce des élèves ; changement radical de méthodes en donnant la priorité au travail en équipe aussi bien pour les élèves que pour les enseignant-e-s ; transformation radicale des structures et des statuts en donnant de véritables droits aux jeunes et en refusant la dégradation du statut d’enseignant tout en redonnant le pouvoir aux équipes pédagogiques en alternative au fonctionnement hiérarchique actuel. Un tel projet peut et doit s’amorcer dès aujourd’hui mais il ne pourra s’épanouir dans le contexte d’austérité que l’on connaît aujourd’hui : l’éducation se doit d’être une priorité budgétaire.

Cette introduction a été suivie d’une intervention de Pedro Mesas, camarade de « Los Alternativos » de l’Etat espagnol, qui a témoigné des attaques répétées que subit l’éducation publique depuis plusieurs années. Il a réaffirmé la nécessité de lutter contre ces attaques mais aussi de l’appropriation autogestionnaire du système éducatif, faisant la différence école publique et école d’état.

S’en est suivi un débat très riche avec des enseignant-e-s, des syndicalistes et des militant-e-s politiques de Tunisie, bien évidemment, mais aussi d’Egypte, du Québec et de France. Chacun-e a pu témoigner des luttes en cours pour défendre le système public d’éducation contre l’austérité (luttes contre les coupes budgétaires en Tunisie ou « printemps érable » au Québec) tout en insistant sur l’importance de sortir l’éducation de la logique capitaliste. Enfin, une école émancipatrice ne pourra se faire sans une lutte pour une réelle égalité filles/garçons dans l’éducation : on en est encore loin !

Arthur Leduc

Les Grands Projets Inutiles et Imposés

Au cours du FSM de Tunis, plusieurs ateliers se sont tenus sur le thème des Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII).

Dans le prolongement de la charte d’Hendaye de 2010, une déclaration finale appelée « Charte de Tunis » a conclu les travaux de ce forum (1). Sur cette thématique se sont déjà tenus deux forums dans le Val de Susa en Italie et à Notre Dame des Landes en 2012. Ils seront suivis cet été par un 3ème forum européen qui se tiendra à Stuttgart en Allemagne, lieu emblématique de la lutte contre les GPII (Stuttgart 21 – Rénovation du quartier de la gare).

Ces grands projets servent et permettent la redistribution des deniers publics dans quelques poches du privé. Ils sont sans utilité pour les populations et ont des conséquences catastrophiques d’un point de vue écologique. Par ailleurs, ils garantissent des super profits aux groupes industriels et bancaires, contraires à l’intérêt public, et tout ceci est imposé par des méthodes mensongères appuyées par des interventions brutales des forces de l’ordre, criminalisant le mouvement social, les citoyens qui se battent contre ces projets.

(1) La charte sera publiée dans le numéro spécial de Rouge et Vert.

Roland Mérieux

Tunis : un Forum dynamique et chaleureux

P1040700Le Forum Social Mondial de Tunis a été marqué par une participation extrêmement nombreuse de militantes et de militants venant des quatre coins du monde. Ce sont plus de 60000 personnes qui se sont croisées, ont discuté et participé à de nombreux débats formels et informels. L’organisation a été des plus performantes compte tenu des difficultés inhérentes à ce type de manifestation de masse.

P1040704Mais le plus enthousiasmant a été sans doute l’atmosphère chaleureuse, sympathique et bienveillante qui régnait parmi les participant-e-s. Dans les travées du vaste campus El Manar, était installé un grand nombre de stands d’organisations les plus diverses sans compter quelques installations « clandestines ». Les espaces de restauration étaient pris d’assaut et ont permis beaucoup d’échanges dans la bonne humeur. Les trois jours du Forum ont été marqués par de nombreuses animations culturelles et musicales ainsi que par des manifestations. Et le soir, des concerts se déroulaient sur le campus comme en plein cœur de Tunis.

La ville de Tunis était ornée de pancartes souhaitant la bienvenue dans toutes les langues aux altermondialistes et le centre ville animé par une ambiance festive. Enfin, la population tunisienne, dans l’ambiance créée par la révolution, était avide de discussions sur le FSM et l’avenir de la Tunisie.

Henri Mermé et Arthur Leduc

LIBYE : UNE SITUATION EN COURS D’AMÉLIORATION

Pour la première fois, une délégation associative libyenne participait à un FSM. Composée de 10 femmes et 8 hommes, elle a organisé plusieurs ateliers. Dans les deux ateliers auxquels j’ai participé, la volonté d’ouverture à l’autre s’est manifestée de manière très claire : après 42 années de dictature et une guerre civile, les Libyens ont envie de contacts et d’informer sur la situation dans leur pays.

Le processus révolutionnaire libyen n’est pas terminé : une assemblée (le Congrès général libyen) a bien été élue en 2012. La question de la constitution reste pendante ; elle doit être rédigée par une commission particulière qui, à l’origine, devait comprendre 60 membres (représentant à parité chacune des trois provinces libyennes : Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan), mais les débats pour sa composition restent vifs, ainsi qu’en témoignent le fait qu’elle ne soit toujours pas formée et que le nombre de ses membres devrait être porté à 80. La période de transition risque donc de devoir durer de nombreux mois.

La question sécuritaire, 1 an ½ après le lynchage de Mohamed Kadhafi, est loin d’être réglée : si certaines milices ont été intégrées à l’armée ou à la police et si certains miliciens ont accepté d’être désarmés pour pouvoir intégrer la fonction publique, d’autres continuent leur activité sans tenir compte du pouvoir central, voire le défient. Les fractures de la société libyenne restent importantes ainsi qu’en témoigne le cas de Tawargha , petite ville au sud de Misratah, dont les habitants ont été chassés par les milices de Misratah pour avoir collaboré avec Mouamar Kadhafi et ne peuvent pas rentrer dans leur ville pour la reconstruire. Or, il y va de la responsabilité du gouvernement libyen de permettre ce retour de la population de Tawargha de rentrer dans sa ville.

La justice est défaillante. Le système judiciaire kadhafien n’existe plus et, pour l’instant, aucune justice transitionnelle n’a été mise en place. Les arrestations arbitraires ont été particulièrement nombreuses depuis la chute de Kadhafi, souvent suivies de tortures et parfois d’exécutions sommaires. De nombreuses milices disposaient, et disposent parfois encore, de centres d’interrogatoires et d’emprisonnement où le respect des droits de l’homme n’est qu’une question très secondaire. Aujourd’hui, une partie de ces centres est sous le contrôle – direct ou indirect – du gouvernement, ce qui a entrainé une baisse des exactions, mais la possibilité de sanctionner les miliciens responsables – qui bien souvent ne sont pas identifiés – reste aujourd’hui tout à fait théorique. Le gouvernement libyen s’est engagé à respecter les droits de l’homme, mais la culture des droits de l’homme n’existe pas en Libye et le pouvoir du gouvernement central reste limité : on peut craindre que cette déclaration ne reste qu’un vœu pieux tant que le gouvernement libyen ne contrôlera pas mieux son immense territoire et n’aura pas réglé la question des milices.

La place des femmes dans la société libyenne est en question. Certes, elles ont 33 élues au congrès, mais elles ont été élues parmi les 80 députés au scrutin de liste où la parité était obligatoire ; certes, elles ont eu quelques présidences de commission au congrès, mais certains députés contestent leur présence, voire s’absentent quand elles prennent la parole… Cette attitude a mené à des protestations dans la rue. Au plan économique, il y a des femmes d’affaires, des ingénieures, des avocates, des architectes, des commerçantes… mais elles sont peu nombreuses et parfois mal acceptées : c’est ainsi que dans le domaine des affaires, il existe un « conseil des hommes d’affaires » où ces messieurs tolèrent la présence de quelques femmes. L’espoir pour les femmes libyennes semble être la société civile où elles sont actives dans de nombreuses associations. Mais les femmes libyennes présentes au FSM ont souligné la mentalité rétrograde de l’homme libyen, mentalité qui ne serait pas liée à la religion. Ainsi, le chemin de l’émancipation pour les femmes libyennes semble encore long.

Jacques Fontaine

Assemblée des mouvements sociaux

De nombreuses organisations étaient représentées à l’Assemblée des mouvements sociaux dans une chaude ambiance militante et festive.

P1040677Fathi Chamkhi est intervenu au nom des mouvements tunisiens pour indiquer qu’après deux ans de révolution, la Tunisie résistait toujours et qu’elle avait ouvert une brèche dans le capitalisme mondial.

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La présidente du mouvement de l’Association tunisienne des femmes démocrates, Ahlem Beladj, a déclaré qu’il n’y avait pas de révolution sans féminisme. Josie Riffaud de Via Campesina a également souligné que le monde rural et les femmes étaient les premières victimes du capitalisme. La camarade tunisienne qui animait l’assemblée et représentait la marche mondiale des femmes est allée dans le même sens.

P1040693La jeunesse tunisienne et altermondialiste était fortement représentée. L’assemblée s’est terminée dans un joyeux concert de chants et slogans anti-impérialistes.

Philippe Gasser et Bernard Macret

Billets du 29 mars

Aujourd’hui, vendredi 29 mars, s’achevait la troisième journée des ateliers. Au total, ce sont près d’un millier d’activités autogérées qui se seront tenues au cours de ce forum. Ce matin, les Alternatifs animaient un atelier : « Education : quel école pour l’émancipation ? » qui a été un succès numérique et qualitatif, introduit par nos camarades, Bruno Della Sudda et Pedro Mesas de los Alternativos (Etat espagnol) et en co-animaient un autre avec Transform intitulé : « Appropriation sociale et autogestion », introduit notamment par Richard Neuville, nous y reviendrons demain.

P1040663

En fin d’après-midi, les assemblées de convergence ont débuté et l’Assemblée des mouvements sociaux s’est tenue dans une ambiance surchauffée et combative. Demain matin, samedi  30 mars, les assemblées thématiques se poursuivront et l’après-midi se déroulera la marche de solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la journée de la Terre, à laquelle les Alternatifs participeront.

Assemblée des mouvements sociaux 2

Avant même de tirer un bilan collectif de ce forum, il est permis d’affirmer que ce FSM a été un succès en termes de participation (50 000 personnes) et d’organisation. La présence tunisienne aura été significative et ce forum aura permis aux militant-e-s du monde entier de manifester sa solidarité au peuple tunisien et aux mouvements sociaux.

RN

Dynamique des femmes et femmes dynamiques au FSM

Ass de femmes_792632013Tout au long de ce forum, les femmes étaient très présentes tant par leur participation que par le nombre d’ateliers abordant les thématiques féministes. L’assemblée des femmes a même ouvert le Forum Social Mondial de Tunis renouant ainsi avec la tradition altermondialiste. Elle était à l’initiative de l’Association des Femmes Démocrates Tunisiennes et de la Marche Mondiale des Femmes. Dans une ambiance dynamique , effervescente et combative , plus d’un millier de personnes hommes et femmes ont repris en chœur des slogans internationaux : el pueblo unido, free free Palestine , le peuple veut savoir qui a tué Chokri Belaid , so so so solidarité avec les femmes du monde entier… Les prises de paroles étaient donc un peu difficiles dans une atmosphère plus proche de la manifestation que d’un débat.

Les revendications des femmes que ce soit celles des tunisiennes, des égyptiennes , palestiniennes sénégalaises , polonaises, brésiliennes vont toutes dans le sens de la recherche de plus de démocratie, de liberté et de droits pas uniquement pour les femmes d’ailleurs mais pour toute la société. Elles luttent partout dans le monde contre la double oppression patriarcal et capitaliste.

En Tunisie , comme en Egypte , elles ont joué un rôle important dans la révolution comme dans les événements qui l’ont précédée mais elles sont aujourd’hui inquiètes. Dans cette phase de transition post-révolutionnaire, elles se sentent exclues des processus constituants ou mal représentées et les premiers signes donnés ne vont pas dans le sens de l’égalité hommes femmes. Ainsi, en Tunisie il a fallu une très forte mobilisation des femmes et de la société civile pour combattre le projet d’article de la constitution visant à rendre la femme « complémentaire » de l’homme plutôt que son égale.

Depuis l’Indépendance, les droits des femmes étaient dans la loi (code du statut personnel) sans garantir pour autant l’égalité. Aujourd’hui, avec l’arrivée au pouvoir d’Ennahdha, l’écriture d’une nouvelle constitution risque d’ouvrir une brèche permettant de remettre en cause les acquis et d’empêcher l’avènement de nouveaux droits notamment sur le plan politique.

La dynamique des mouvements sociaux et en particulier féministes doit permettre de résister aux attaques et d’obtenir de nouvelles avancées. Rien n’est joué, la révolution est encore en cours.

Florence Ciaravola et Nathalie Marcu

Nouvelles constructions à gauche

« Les nouvelles constructions à gauche pour dépasser le fractionnement » : l’atelier proposé par Transform ! et Espace Marx a tenu ses promesses malgré l’absence dommageable de dernières minutes du Front Populaire de Tunisie pourtant annoncé.

Cet atelier a d’abord été l’occasion pour Theano Fotiou, députée de Syriza, d’évoquer la situation dramatique de la Grèce, les récentes grèves dans ce pays dont la Troïka a programmé la destruction, mise en œuvre par la politique d’hyper-austérité de la coalition de la Nouvelle Droite, du PASOK et de DIMAR (Gauche Démocrate). Les propositions alternatives de Syriza, notamment sur sa conception du traitement de la dette et son rôle d’opposition au parlement et au mémorandum, ont été mentionnées. En tant qu’alliance de la gauche radicale dont le KKE (PC orthodoxe) et l’essentiel de l’extrême gauche trotskiste restent à l’écart, Syriza incarne à l’échelle de masse les résistances et l’alternative, défend et favorise les pratiques alternatives de celles et de ceux qui, dans les décombres, reconstituent les circuits d’échanges et de solidarité et tentent d’inventer les réponses pratiques de résistances à l’hyper-austérité.

Babacar Diop, membre du Forum social africain, a évoqué la situation au Sénégal en insistant sur la dynamique d’une coalition rassemblant toute la palette des forces de gauche de son pays.

Ce fut au tour de Pierre Laurent, en tant que président du Parti de la gauche européenne (PGE – rassemble une partie des forces de gauche des différents pays d’Europe et plusieurs composantes du Front de Gauche en France) de prendre la parole. Il a d’abord rappelé l’ampleur des mutations à l’échelle planétaire des trente dernières années et signalé l’importance nouvelle de l’écologie dans les défis du XXIème siècle, avant d’insister sur la nécessité de repérer les nouveaux problèmes, de réfléchir à de nouvelles réponses et d’élargir les alliances susceptibles de proposer ces nouvelles réponses, au-delà des seules forces du PGE. Celui qui est aussi le secrétaire du PCF a saisi l’occasion de rappeler la brève histoire du Front de Gauche : celui est présenté comme la réponse unitaire à la nécessité de donner un prolongement politique à la victoire du Front de Gauche contre le projet de TCE en 2005. Pierre Laurent a insisté sur le fait que la dynamique du Front de Gauche implique à la fois pluralisme et ouverture de sa part, rappelant que ce dernier n’est pas un parti et précisant le passage de trois composantes originelles à neuf aujourd’hui. Enfin, Pierre Laurent a annoncé le projet du PGE de mettre sur pied un forum des alternatives à l’échelle européenne et de renforcer sa coopération avec le Forum de Sao Paulo (organe de liaison des différentes composantes de la gauche Indo-Afro-Latino-Américaine).

Ensuite ce fut Obey Ament (Espace Marx Amérique Latine) qui évoqua les liens existants entre les différentes forces politiques de la gauche latino-américaine raccordés au contexte politique globale de cette région du monde marquée par de profonds changements depuis près de deux décennies.

Enfin, pour le rendez-vous d’Athènes les 7 et 8 juin, Walter Baier (Transform!) a rappelé la démarche et l’objectif de l’Alter Summit. Ce processus est conduit par les mouvements sociaux et les forces syndicales avec le soutien des forces politiques dont le PGE.

Un rendez-vous qui a donné l’occasion d’un débat avec la salle, avec des questions portant notamment sur l’Alter Summit, les projets annoncés par Pierre Laurent et le devenir en question du Forum Social Européen.

Bruno Della Sudda

Projet d’un logo mondial pour l’urgence et la justice climatique

Fait nouveau, pour la première fois dans un FSM se tenait à Tunis un ESPACE CLIMAT qui a organisé un grand nombre de réunions et d’ateliers. Et pour manifester l’importance de cette thématique à l’initiative de plusieurs personnalités participant à la dynamique de forums sociaux mondiaux (Susan George, Naomi Klein, Bill Mikibeen, Wanjira Mathai, Paul Nicholson, Bobby Peek, Adolfo Perez Esquivel, Vandana Shiva, Pablo Solon) a été proposé la création d’un logo mondial pour l’urgence et la justice climatiques.

Sur les cinq continents des millions de gens luttent, se mobilisent contre les causes du changement climatique. Ils réclament un nouveau modèle de société et d’économie qui respecte la nature et ses grands équilibres, qui protège les populations et en particulier les plus démuni-e-s. Il leur a semblé qu’il était temps que naisse un symbole unifiant toute ces voix, toutes ces mobilisations et donc qu’il fallait imaginer un logo permettant de rendre visible en tout lieu et à tout moment l’urgence et la justice climatiques. Pour être le symbole mondial et unificateur nécessaire, un tel logo ne doit être rattachable à aucune culture, langue ou alphabet particulier. Et encore moins à une quelconque organisation. Il doit pouvoir être reproduit avec les moyens ou l’absence de moyens de chaque personne sur la planète.

Nous n’avons qu’une planète ! Aussi devons nous faire fleurir des milliers de discussions et des millions de prises de conscience sur l’urgence de se mobiliser pour lutter contre la crise climatique et les conséquences dramatiques qu’elle représente pour les générations futures.

Roland Mérieux

OSER A NO-VOX !

NO-VOX 2832013Depuis plusieurs années, No-Vox, la voix des « sans », crée son réseaux essentiellement axé sur le logement: mal logés, SDF, expulsions et ce, de forum en forum, dans maintenant nombre de pays.

Si souvent ce sont de petits collectifs locaux, ceux-ci se regroupent eux aussi en réseaux dans leur propre pays.

A cet atelier, nombre de pays avaient des représentants  et je pense utile de les citer: Japon, Portugal, Chili, Burkina Faso, Benin, Mali, Brésil, Maroc, Tunisie, Brésil, Canada, et bien sur France.

NO-VOX Japon_762832013Si le réseaux existe beaucoup par le « net », il y a aussi de nombreux déplacement depuis la France pour les aider à construire leur collectif. L’un des grands principes d’action est le soutien aux expulsés, aux déguerpis en Afrique, par les envois de mail venant du monde entier et ce au ambassades ou ministères et ça marche !

Les conditions sont si différentes par pays qu’il serait fastidieux, en dehors d’une thèse comparative de les détailler. Du juridique aux us et coutumes, de l’existence de cadastre à l’histoire, chaque pays a ses complexités. C’est donc sur le principe des droits humains au logement que se fonde l’action.

Les tours de parole ont été optimistes quant à la montée en force des mouvements face à des situations aussi dramatiques les unes que les autres: déguerpis en plein Bamako mais blocage du plan d’urbanisme « à l’occidentale », occupation au Portugal pour reloger les retraités expulsés,  multiplication des anecdotes de prostitution pour payer les loyers au Canada, emprisonnement de deux militants japonais pour avoir simplement dit à la police qu’ils tuaient en expulsant, manifestation monstre actuellement au Chili…

 En France nous savons la compétence du DAL en rapport avec la réalité des forces ; ce modèle s’exporte bien !!!

ALAIN MARCU.

La question amazighe au Maghreb

Les Imazighen, appelé longtemps berbères, forment la population originelle du nord de l’Afrique, du fleuve Sénégal et des Canaries jusqu’à la rive occidentale de la vallée du Nil. La revendication de la reconnaissance de la langue amazighe, déjà ancienne en Algérie (printemps « berbère » en 1980) et au Maroc, s’est réveillée en Tunisie et en Libye avec les révolutions.

En Libye, la population amazighe (10 à 20 % de l’ensemble selon les estimations) était totalement marginalisée à l’époque de la dictature où Kadhafi considérait que tous les Libyens étaient arabes. La revendication amazighe, longtemps bridée, s’est montrée au grand jour avec la révolution et les Imazighen libyens réclament une place dans la société comme dans le pouvoir.

En Tunisie, la population amazighe est très faible (à peine 2%) et très dispersée dans le pays. C’est le pays où la culture amazighe est la plus menacée. Plusieurs associations ont été constituées récemment mais elles se heurtent au pouvoir d’En-Nahda qui les insulte en les traitant de « sionistes » et de « franc-maçons » !

Le mouvement amazigh s’est donné, il y a une quinzaine d’année, une structure internationale, le congrès amazigh mondial que les révolutions tunisienne et libyenne ont redynamisé. Cette dynamique du mouvement amazigh se manifeste en particulier par la généralisation de la fête du début printemps appelée yennayer.

Jacques Fontaine

Un sujet « bateau » qui ferait bien de naviguer dans la tempête libérale !

orga mouvt

Le sujet est récurent dans les forums divers, mondiaux ou européens: <comment créer des passerelles entre les mouvements de type « occupy », « indignés » et autres « luttes des sans » et les organisations traditionnelles (entendez anciennes ou syndicales)>.

Voilà ! j’ai compilé les sujets de deux ateliers, initiés par ATTAC et le réseau « Transform » où les participants étaient pour beaucoup les mêmes, aussi bien dans l’assistance qu’à la table.

Pour les organisations, beaucoup sont déjà dans le processus « Altersommet »,  lui même issu de la JSC (Joint Social Conférence) qui est un tour de table européen d’organisations syndicales et d’associations « représentatives » comme la « marche européenne des chômeurs », la LDH, SNU-FSU, Solidaires, ATTAC…

Cela fait un peu poupée russe de réseaux unitaires, certes, mais réponds au besoin d’une réaction européenne des peuples aux attaques de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la « Troïka «

Étaient là les mouvements, ou plus exactement, se présentant comme des « individus participant à », Occupy Espagne, des Indignés (France), une coordination grecque, des étudiant québécois.

La multiplication de ces rencontres peut paraître lancinante mais les suspicions de part et d’autre sont   importantes. Comme exemple je citerais les étudiants canadiens qui sont très remontés contre les syndicats. En effet, la seule réponse, à leur mouvement énorme contre l’augmentation des frais d’inscription étudiant, a été des lois anti manifestation d’une rigueur rare! Tous les partis, du centre à la gauche ont réagis et infléchis leur position mais aucun syndicat !

Une grande incompréhension aussi est sur les temps de réaction et de mobilisation entre syndicats et mouvements. Les structures, les syndicats, sont plus lents, ils ont leur propre calendrier, leurs priorités et aussi plus des difficultés à mobiliser souvent. Quant aux mouvements eux n’ont pas ces contraintes et sont facilement réactifs, grâce aussi à leur culture des réseaux sociaux.

(Même les organisations de chômeurs comme AC!, APEIS ou MNCP, sont en butte à cette suspicion)

 Des collectifs de quelques personnes qui peuvent bousculer leur calendrier, lancer un appel du jour pour le lendemain via le « net » et pensent que la terre entière est au courant. Leur travail au quotidien est largement positif, réactif, mais pas toujours régulier notamment lorsqu’il s’agit de tenir des permanences

Les rencontres et autre forum semblent fastidieux, mais que faire d’autre que de se rencontrer encore et encore pour aplanir les incompréhensions.  Gageons que la manifestation européenne prévue à Athènes le 5 juin, initiée par l’Altersommet rassemblera toutes ces composantes et qu’il en sera de même pour celle à Francfort en juillet à la BCE, à l’initiative des réseaux « Occupy » et Indignés.

En conclusion du débat, Emmanuel Wallenstein, fit consensus en faisant un historique plein d’espoir des fluctuations du mouvement social dans les luttes, les fronts unis divers et des mouvements populaires en donnant bien sur comme dernier exemple ce qu’il est convenu d’appeler « le printemps arabe ».

Alain Marcu