«Les Tunisiens ont donné l’espoir qu’un changement est possible…»

Article du journal La Presse du 3 avril 2013

FSM-Tunis 2013 — Des invités livrent leurs impressions

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Au terme de ses assises, étalées sur une semaine bien chargée, le Forum socialAu terme de ses assises, étalées sur une semaine bien chargée, le Forum social mondial (FSM) de Tunis, dans sa 12e édition, vient de révéler ses secrets et rendre compte d’une réalité unanimement admise : l’initiative tunisienne d’organiser un tel évènement de grande envergure est aussi salutaire que considérable. D’autant plus que le succès de ce FSM 2013 a bel et bien suscité un large écho favorable. Ce témoignage fort expressif n’a pas émané de l’intérieur du pays, mais plutôt de ses hôtes, venus de tous bords, prendre une position commune contre le capitalisme sauvage et ses effets pervers sur l’humanité tout entière. Un flux massif d’invités qui se sont retrouvés pour la première fois sur une terre arabo-musulmane, celle d’une Tunisie post-révolutionnaire et trois fois millénaire. Ceux-ci ont librement agi et réagi au pluriel et en toute diversité communautaire, sans qu’un seul imprévu de n’importe quel ordre ne survienne. Tout s’est passé dans la joie et la sécurité totale. Ce sont là les révélations les plus saillantes et les impressions profondément ressenties que les protagonistes altermondialistes ont fini par livrer ouvertement au cours d’une conférence de presse tenue, avant-hier matin, à Tunis, par le comité d’organisation du FSM 2013, sous la présidence de M. Moheddine Cherbib.
Les témoins des faits sont, d’ailleurs, les pères fondateurs du forum dans son processus planétaire, sa continuité dans l’espace et dans le temps. A chacun sa propre vision du monde, de l’autre monde possible dont il vient façonner les contours depuis la Tunisie. Ce pays, où tout le monde avait les yeux rivés sur ce qui pourrait se passer comme incident inattendu, en marge du grand meeting, a fait preuve, aux dires de ses invités, de convivialité, de sécurité et d’hospitalité remarquables. Au départ, personne n’a eu la moindre confiance que cette manifestation aussi grandiose aura la chance de réussir. Les craintes d’insécurité se sont emparées de tout espoir d’aboutissement.

MM. Chico Whitaker, cofondateur du FSM, d’origine brésilienne, n’a pas tari d’éloges sur la qualité d’organisation, l’accueil et la manière d’aborder les questions et les thématiques diverses. «On a vécu une expérience extraordinaire de grande participation dans une ambiance de fête et de respect mutuel dans une extrême diversité de thèmes débattus…», souligne-t-il. Et de lancer qu’à chaque forum, il est utile d’inventer de nouvelles thématiques autour desquelles gravitent des idéaux et des propositions en mesure de construire un autre monde possible.

Son collègue français, Gustave Massiah, était du même avis. «C’était vraiment un grand forum…», qualifie-t-il, avant de rebondir sur les raisons d’appréciation à plus d’un titre. Il en a tiré quelques éléments révélateurs d’un succès incontestable. D’après lui, le comité d’organisation a pu identifier environ 70.000 participants, ce qui est très important pour le volume de travail qui a été fait. «Pour un pays comme la Tunisie qui, par rapport à l’Inde ou au Brésil, n’a pas évidemment la même population, c’est déjà un forum tout à fait considérable auquel plus de 5.000 organisations et associations de 128 pays dont 1.730 tunisiennes ont pris part, proposant quelque 1.060 activités», a-t-il fait valoir.

L’orateur est revenu sur trois éléments sur lesquels il a fondé ses appréciations pour la portée du FSM-Tunis 2013.

Tout d’abord, souligne-t-il, l’évènement a eu lieu dans un pays où s’est déclenchée l’étincelle des révolutions qui se sont étendues à tout le monde, de la Méditerranée à l’Atlantique. «Effectivement, c’est un forum dans lequel la société civile tunisienne et celle du monde entier se sont retrouvées pour débattre de plusieurs thématiques citoyennes. Cette société communautaire s’est sentie heureuse de le faire, en signe de solidarité et de reconnaissance aux organisations tunisiennes d’avoir lancé ce mouvement formidable…», déclare-t-il. Il n’y va pas par quatre chemins pour dire que c’est un évènement qui a fait ses preuves. «Il a aussi montré à tous ceux qui en ont douté que la Tunisie est capable d’organiser de grands évènements démocratiques». Et de témoigner, «on y est venu et ce n’était point risqué». Du point de vue de la région Maghreb-Machrek, il s’agissait d’un forum historique, parce que, comme il l’a indiqué, c’est la première fois depuis les mouvements révolutionnaires arabes que se retrouvent autant d’associations de l’ensemble des pays arabes.

Troisième élément, M. Massiah a estimé qu’il est important de voir un tel évènement d’envergure mondiale rassembler un beau brassage culturel et civilisationnel, dans un FSM marqué par un esprit révolutionnaire omniprésent.

Hélène Rama Niang, venue de Dakar, où s’était tenue l’avant-dernière édition du FSM, a tenu à féliciter le comité d’organisation tunisien. «Et si Dakar 2011 a été un succès par rapport à l’engagement du forum, c’est parce que nous avons dû relever de grands défis, mais on a appris des leçons, alors que Tunis est une vraie réussite en termes de mobilisation et d’hospitalité qui nous a été offerte en tant qu’étrangers et étrangères…», a-t-elle remercié, se félicitant, de même, de la représentation et la représentativité africaines au forum de Tunis. «Je voudrais également saluer l’Association tunisienne des femmes démocrates qui a piloté de manière réussie la dynamique femmes au cours du FSM», conclut-elle.

De son côté, Rafaella Bollini, présidente d’une prestigieuse organisation italienne, a partagé l’avis de ses collègues, indiquant que ce forum extraordinaire a été organisé dans un pays exceptionnel, où l’on a assisté à une démonstration de force et d’énergie du printemps arabe. Mme  Bollini a prononcé sa brève allocution, en soulignant que le FSM 2013 est venu rendre hommage à la révolution tunisienne, mais aussi défendre son processus démocratique. «Les Tunisiens nous ont donné l’espoir que le changement est aussi possible…», a-t-elle conclu.

Auteur : Kamel FERCHICH

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